La vie d’expatrié, malgré ses ridicules souffrances et grâce à ses grands bonheurs, fait grandir. Non que ce qu’on voit ou apprend aux US et en Italie soit nouveau. On g**** toujours qd il y a des bouchons ou qd un c** nous double à la caisse du supermarché.
L’expatriation, ce n’est pas seulement voyager avec son corps mais aussi faire voyager son esprit (d’où le titre du blog ‘Make your mind travel’). On sort des sentiers battus, d’un mode de pensée unique lié à ses amis, sa famille ou son travail. Les choses que l’on prend pour acquises car rabachées toute la journée à la télé ou par les journaux, prend une autre tournure…
Le regard est différent. Nous nous rendons compte être chanceux de vivre ici et pas dans un pays beaucoup plus pauvre dans lequel manger est déjà compliqué. On se rend compte à quel point on est insignifiant devant tous ces gens qui luttent pour leur survie. Ceci prend de l’ampleur devant notre impuissance à changer les choses et notre puissance pour marcher sur son voisin..
Venant d’une petite ville de province, j’ai simplement re-découvert, surtout à Rome, une pauvreté et un mal de vivre caractéristiques d’une grande capitale.
Les gens qui dorment devant la gare sur deux rangées longues de 50 mètres.
Les personnes agées qui font la manche (là où elles s’occupent à mettre vos produits au supermarché, ou à passer le balai à 85 ans, à Orlando, pour payer leur retraite!).
Les marchands de sac à mains et jouets en tout genre qui remplissent les rues touristiques.
Vous me direz que ce ne sont que des détails, ou que ce n’est pas nouveau.
Sûrement… Peut-être…
En 1789, les députés du tiers état s’opposent au roi de France.
En 1914, un homme abattit l’archiduc François-Ferdinand.
En 2010, un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes s’immole.
Des détails, en somme…